1 chambre Photo Tamman Azzam

Une chambre en attendant

 De Gilles Granouillet // Cie Nosferatu

Théâtre, à partir de 15 ans

Du 20 au 22 septembre 2017 – 20h30
Le 24 septembre 2017 - 17h00
Le 25 septembre 2017 – 19h30
Et le 26 septembre 2017 - 20h30 (COMPLÈTE)

 

Avec Une chambre en attendant, Gilles Granouillet propose ici de traiter un sujet d’une actualité brûlante, avec la finesse et la délicatesse qu’on lui connaît : l’incompréhension d’un père face au départ de son fils pour la Syrie. Un père attend dans une chambre d’hôtel, en Turquie, à la frontière syrienne. Il est venu rechercher son fils. Ce fils a cru trouver le réconfort ou un avenir en Syrie, il dit avoir compris son erreur et désire rentrer en France. Le père attend, dans cet hôtel, il sort peu voire pas. Chaque jour, il croise la femme de ménage kurde, il lui parle, il se livre, un lien se créée entre eux au fur et à mesure que les jours passent. Le départ de son fils pour faire le Djihad en Syrie et l’attente de son retour, loin de chez lui, vont profondément transformer cet homme, il va faire le constat de sa vie, de son couple, et l’attachement qui se créée avec celle qui vient chaque matin nettoyer la chambre va changer son avenir. Elle n’est pas celle qu’il croit, elle est, peut-être, une de ces combattantes qui lutte pour sauver son pays de la noirceur et du néant.

Comment un père appréhende-t-il son rapport à la famille, à la relation qu’il a avec son fils et à l’avenir quand ce fils fait un pas de travers ? Quelle part de responsabilité a-t-il dans les errements de ce garçon ? Doit-il s’oublier pour le ramener ? Peut-il pardonner ? Doit-il pardonner ?

EXTRAIT / On me demande où est mon fils. On me dit : "Tiens, on ne voit plus, ton fils?"  Les autres répondent « A la fac... chez Orange. »  Moi je dis quoi ? Je dis qu'il est parti en voyage. Qu'à son âge, sans enfant, il faut profiter. Je dis qu'il a 20 ans, que c'est le moment. Et puis je rentre chez moi. Je m'assois à la table de la cuisine et je pense: ton fils à toi, il est parti couper des têtes. Evidemment la question qui vient juste après, quand je rentre, assis à la table de la cuisine comme un con, c'est pourquoi le tien et pas un autre et qu'est-ce que tu as raté? Silence. Les monstres qui violent les enfants, ceux qu'on voit à la télé, qui les violent et qui les étouffent, j'ai toujours pensé que leurs parents avaient quelque chose. Un secret qui explique qu'après les enfants parfois... même si ça n'excuse rien.... Ça n'excuse rien... Silence. Alors je mets tout à plat sur la table de la cuisine, je regarde ce qu'on a fait ma femme et moi depuis le début,  avec lui et même avec sa grande sœur, et même avant qu'ils soient nés tous les deux. J'examine notre vie comme un poisson froid. Silence. Je ne trouve rien. Une famille normale avec un peu de sous et des vacances chaque année. Silence. Je ne vois que du normal à perte de vue… J'étais là. Pas tout le temps, je suis représentant, mais j'étais là et sa mère elle, très présente, très gentille sa mère, sa sœur aussi, c'est le cadet forcément,  le dernier, mais on a su aussi le disputer, le punir même! Le punir et le récompenser. Que du normal. Alors je me dis que notre fils s'ennuyait. Il a eu envie de crever le normal. Est-ce que c'est possible? On ne rêve plus beaucoup dans mon pays, vous comprenez 

Texte
Gilles Granouillet
Mise en scène
Claudine Van Beneden
Assistant à la mise en scène
Raphaël Fernandez
Avec
Claudine Van Beneden, François Font, Simon Chomel et Raphaël Fernandez
Musicien et compositeur
Simon Chomel
Lumière
Christophe Pont
Son
Magali Burdin
Vidéo
Catherine Demeure
Scénographie
Blandine Vieillot

 
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