Image Les trois G

Les trois G

 Cie Le Béotien

Riad Gahmi
Simon Grangeat
Gilles Granouillet

 Cycle de lectures

 Le 6 décembre – 20h30 // Hermann, de G. Granouillet
Le 7 décembre - 20h30 // Terres closes, de S. Grangeat
Le 8 décembre – 20h30 // Les Insolés, de R. Gahmi
Et le 10 décembre - 15h00 // INTÉGRALE

Après qu’elle l’ait visionné moult fois en DVD, ma fille cadette, et moi-même, nous sommes allés voir cette année Poucet, pour les grands de Gilles Granouillet, en vrai et en direct, pour y applaudir, entre autres, l’interprète de l’Aînée des ogresses, sa mère, ma compagne. À la sortie de la représentation, nous discutâmes au débotté avec Gilles de nos actualités artistiques respectives. Au cours de la conversation, il me parla de sa dernière pièce Une chambre en attendant, et pendant qu’il déroulait l’onctueux fil de son histoire, je me fis une réflexion qui me laissa tout à fait perplexe. Je n’ai jamais lu de pièces de Gilles.

Les prochaines créations du Béotien, compagnie stéphanoise, dont je suis le directeur artistique et le metteur en scène, sont Rêve d’automne de Jon Fosse, Lettres d’amour à Staline de Juan Mayorga, pièces écrites par un Norvégien et un Espagnol.

L’idée se forma alors dans mon esprit : Mettre en scène, en lecture, trois œuvres de trois auteurs qui ont vécu, vivent à Saint-Étienne et forment avec des artistes interprètes d’ici, la scène théâtrale stéphanoise d‘aujourd‘hui. Hermann de Gilles Granouillet, Terres closes de Simon Grangeat et Les Insolés de Riad Gahmi, sont ces œuvres et leurs auteurs (un soir, en dînant, c’est Tommy Luminet, comédien de son état, qui malicieusement me signala la conjoncture des trois G).

Avec Louis Bonnet (ancien comédien permanent de la Comédie de Saint Etienne), Angélique Clairand (Cie Les Lumas), Arthur Fourcade (Collectif X), Gauthier Marchado (Cie Parole en acte) et Nathalie Ortega (Collectif 7), pour artistes-interprètes.

Loin d’un protectionniste et d’un repli sur soi recommandé par le Front National, faire avec les forces vives qui nous entourent, c’est avoir une absolue confiance dans le circuit court qui nous environne, c’est lui rendre hommage à travers ce festival de lectures engagées et engageantes que sont Les trois G. Ces lectures ne tendent pas à se transformer dans le futur, en spectacles, non, elles sont une occasion unique que nous nous offrons en partage, de réunir des artistes d’un même territoire mais de compagnies différentes pour créer une équipe inédite autour du Béotien, le temps de porter ses histoires confectionnées dans la Loire, ou dans sa région, pour les faire vivre sur le plateau du théâtre Le Verso.

Alexis Jebeile

Hermann de Gilles Granouillet

Léa Paule est neurologue, elle a 42 ans, sort du travail, de son hôpital, en retard, et ne sait pas qui d’elle ou de son mari était censée récupérer les enfants au Conservatoire de musique, prend son portable pour envoyer un sms mais reste soudainement pétrifiée dans le couloir, une voix, qu’elle reconnaît, sort d’une salle de consultation, ce timbre qui n’a pas changé est celui d’Hermann. Léa Paule est une scientifique, une pragmatique, mais va se défaire de ce qui la constitue pour accompagner cet Hermann, à quoi ce jeune homme est destiné, une femme, Olia. Hermann est jeune, il a pourtant contracté la maladie d’Alzheimer, enfin, personne ne saurait lui donner d’âge à Hermann et même un diagnostic sûr. Il est russe, se souvient de sa mère mais il oublie parfois un mot, et ça, ça l’agace prodigieusement. En vérité, Hermann est l’incarnation de votre première histoire de cœur qui attend figée dans le temps que vous veniez le délivrer pour vivre un amour éternel.  La pièce de Gilles Granouillet est le road movie de Léa Paule qui de neurologue se transforme en une cochère de romance. 

Terres closes de Simon Grangeat

En 1989, le narrateur de Terres Closes a onze ans quand le mur de Berlin s’effondre. La planète entière pense qu’une période de paix et de liberté s’ouvre pour l’Europe et le monde. Il n’en sera rien. Les murs vont s’ériger de plus belle, sur tout le globe, comme jamais auparavant. Terres closes nous conte méticuleusement, sans le moindre état d’âme ou quelconque larmoyante, la mécanique bien huilée, institutionnelle, d’une Europe qui repousse l’immigration venant d’Afrique et le chemin de croix de ses migrants qui tentent, aux périls de leurs économies, de leurs vies, à travers la filière de passeurs de rejoindre leur Eldorado, l’Occident. D’un mur qui s’effondre en 1989 jusqu’aux murs d’aujourd’hui qui se construisent de toutes parts, le battement symptomal de notre Terre qui se divise en enclos est le cœur de la pièce de Simon Grangeat.

Les Insolés de Riad Gahmi

Abraham, Sarah et Hadjar sont des personnages de la Bible, la Genèse. Sarah n’arrive pas à avoir d’enfant d’Abraham et lui offre sa servante, Hadjar, pour qu’elle porte sa descendance. De cette union naîtra Ismaël, mais au même moment, Sarah tombe également enceinte et Isaac vient lui aussi au monde. Deux lignées partent d’Abraham, l’une est juive et l’autre est musulmane. Sarah folle de jalousie congédie Hadjar et Ismaël dans le désert… de là démarre la pièce de Riad Gahmi. Violente et politique, Les Insolés nous raconte l’histoire de ces hommes aux grandes intelligences mais dépourvus d’autonomie car pris au piège par le seul regard de leur Dieu. Tuer Hadjar et Ismaël, est-ce véritablement les desseins de ce dernier ?  Faut-il sauver cette lignée-là ou l’éradiquer pour de bon ? Tout se jouera dans le suspens d’une journée ensoleillée et moyen-orientale qui changera à tout jamais le destin de ce peuple sémite aux ethnies maudites.         

Mise en espace
Alexis Jebeile
Avec
Louis Bonnet, Angélique Clairand, Arthur Fourcade,
Gautier Marchado et Nathalie Ortega

 

Tarif unique de 6 euros pour les soirées
Intégrale : 12 / 8 / 6 euros